Par Gérard - Publié dans : Musiques Clips Vidéos Concerts - Communauté : la musique en folie - Votre opinion sur le sujet si vous avez le temps
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Ce vendredi matin, Libération a choisi une couverture choc pour vendre ses 120 000 exemplaires quotidiens.
Un petit Sarkozy penaud passant la bague à l'énorme index d'un gay barbu, vêtu d'un slip blanc et d'une casquette de cuir (ci-contre).
Goguenard, le directeur de la rédaction du journal rappelait jeudi que le couple s'était déjà rencontré le 25 juin 2011. 150 numéros de Libération plus tôt.
Sommet de la subversion dérisoire ou de la dérision subversive, le couple devient donc le running gag du quotidien.
Il ne faut pas prendre les passants qui traversent les maisons de la presse pour des abrutis.
Ils comprennent très bien le second degré et se mobiliseront tous en faveur de l'ouverture du mariage à tous les couples.
Cette image pourrait donner aux moins drôles l'envie facile de refermer le journal. Seulement voilà, elle est placardée en couverture. Il leur faudra donc ouvrir Libération pour y échapper. Et c'est à ce moment là qu'ils se sentiront dans le même état que le Sarkozy croqué en couverture : piégés.
Que dit la couverture ?
Mariage gay : Sarkozy tenté par le oui. Selon nos informations, le Président s'apprêterait à inscrire le mariage homosexuel dans son programme de campagne. »
Passons sur le vocabulaire. Parler de « mariage gay » ou de « mariage homosexuel » revient à reconnaître une sexualité à une institution, ce qui n'est pas raisonnable. Ou à distinguer entre mariage gay et mariage triste, ce qui n'est pas charitable.
Convenons que le lecteur distrait retiendra de cette couverture que Nicolas Sarkozy envisage de proposer l'ouverture du mariage aux couples homosexuels dans son programme – il est donc candidat – pour l'élection présidentielle de 2012.
Or, que découvre-t-on, lorsqu'on tourne la page du quotidien ?
« Nicolas Sarkozy, qui est en train de définir son programme de campagne, devrait y inclure “l'union civile” pour les homosexuels : le mariage gay fait son chemin à l'Elysée. »
Allons bon. L'union civile, on connaît. C'est le contraire de l'ouverture du mariage.
Le 3 septembre 2006, sur le plateau du 20 heures de TF1, le candidat Sarkozy a répondu à Claire Chazal :
« Je considère que le mariage homosexuel conduirait à l'adoption pour les couples homosexuels et je n'y suis pas favorable. Pour autant, je veux qu'on lutte contre toute forme de discrimination. Et l'amour homosexuel a le droit à la reconnaissance.
Donc je propose la création d'un contrat d'union civique qui garantirait l'égalité des droits successoraux, sociaux et fiscaux. Il n'y a aucune raison qu'un couple homosexuel soit désavantagé par rapport à un couple hétérosexuel. Et je suis même prêt à faire un pas de plus dans la reconnaissance de l'amour homosexuel sur l'organisation de cérémonies spécifiques et éventuellement, dans les mairies. »
C'est donc pour refuser l'ouverture du mariage à tous les couples qu'en 2006 déjà, le candidat Sarkozy proposait cette « union civile », objet juridique non identifié, pacs amélioré, sous-mariage, d'abord réservé aux seuls homosexuels, puis finalement à tous les couples sans enfant.
Il a répété sa promesse en avril 2007 à TÊTU. Chacun peut aujourd'hui dresser le bilan : jamais la mise en œuvre de cet engagement de campagne n'a été à l'ordre du jour.
Mais chacun peut aussi se souvenir de la réaction de certains médias à cette époque. Le directeur de la rédaction de TÊTU d'alors a conclu ainsi son dernier éditorial avant les élections :
« Pour ce qui nous concerne, quel que soit le vainqueur, les homosexuels pourront accéder soit à une union style pacs, soit au mariage. On peut donc dire qu'on a gagné. »
Las, nous sommes déjà en 2012 et il ne semble pas qu'on ait gagné. Depuis 2007, en revanche, la Norvège, la Suède, Mexico, le Portugal, l'Islande et l'Argentine ont rejoint le club des pays qui ouvrent le mariage à tous les couples.
En 2007, le candidat Sarkozy a donc parlé d'« union civile » pour entretenir l'ambiguïté sur son refus d'ouvrir le mariage à tous les couples. C'est une arnaque, comme l'écrit Nicolas Gougain.
Certains se sont laissés piéger. Pendant cinq ans, le président Sarkozy n'a pas bougé. Il a nommé Christine Boutin au gouvernement. Il a investi Christian Vanneste aux élections municipales. Ses députés ont rejeté massivement la proposition de loi socialiste visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe.
Pendant cinq ans, à la droite qui a refusé systématiquement toute avancée des droits des couples de même sexe, la gauche a répondu rassemblée et volontaire.
Et en 2012, il suffit qu'une députée UMP recycle cette vieille proposition d'« union civile » dans une contribution au projet de l'UMP pour que Libération ose : « Mariage gay, Sarkozy tenté par le oui. »
Deux erreurs en une page : il ne s'agit pas du mariage et il ne s'agit pas d'une tentation puisque cette mesure est inscrite à son programme depuis cinq ans.
Immédiatement, sur le fondement de cette une erronée, Europe 1 titre : « Mariage gay : Sarkozy prêt à dire oui ? » et France TV s'interroge : « Sarkozy va-t-il inclure le mariage gay dans son programme ? “.
En 2007, Nicolas Sarkozy a promis. Il n'a pas tenu parole. En 2012, il n'a pas eu besoin de promettre : Libération s'en est chargé.
(De Nancy) Qu'on se le dise, Nadine Morano est une gamine du Haut-du-Lièvre, le « Hautdul », la pire cité de Nancy. « De la région ». Le chauffeur de taxi qui m'y emmène depuis la gare ce lundi de janvier fait dans la surenchère. Durant les dix petites minutes que dure le trajet jusqu'à ce quartier, dans les hauteurs du nord de la ville, il n'a de cesse de s'étonner :
« Vous êtes sûre qu'elle vient de là ? Nous, on ne prend pas les commandes la nuit. Les livreurs de pizza non plus. Vous êtes vraiment sûre ? »
Qu'une ministre soit née dans cette concentration d'immeubles HLM lui semble « fou ». Il n'en revient pas.

L'immeuble de Nadine Morano au Haut-du-Lièvre, détruit depuis, le 9 janvier 2012 (Zineb Dryef/Rue89)
Pourtant, la petite Nadine a bien passé son enfance dans cette étendue de barres aux noms d'arbres : Le Cèdre bleu, Le Tilleul argenté, Le Sycomore blanc, Le Hêtre pourpre... Cette dernière, celle où a grandi la ministre, vient de tomber ; le quartier est en pleine rénovation.
Nadine Morano porte fière ses originaires populaires. Elle a traîné son seul biographe connu, Guy Carlier, dans les allées du Hautdul autour de 2008. Il en a tiré « Une chanson populaire », curieux ouvrage dans lequel il mêle ses opinions sur la vie politique française aux souvenirs de « Nadine » : son cinquième étage duquel elle déboule un jour pour hurler sur un voisin du deuxième qui écoute de la musique à fond, les jeux au pied de l'immeuble, « le bonheur » passé dans cette cité.
Version télé, ça donne une promenade sympathique dans le quartier, filmée par « Envoyé Spécial » à la fin du mois de décembre dernier. On y voit Nadine Morano insister sur ses 25 années passées dans cette cité, comme elle l'a fait au micro de France Inter, sur Twitter... « Ma cité ».
24 ans après son départ, l'ombre de Nadine est-elle encore présente dans les esprits de ces habitants, classe ouvrière, populaire, chérie de la ministre ? Le plus frappant est la surprise totale, non feinte, de tous ceux qui découvrent qu'elle vient de « là ». Colette Streiff, qui lui a « déjà serré la main », aurait juré que Nadine Morano était de Toul.
Colette n'aime pas Nadine Morano, elle la trouve « arrogante ». Elle qui n'a jamais quitté le quartier – « je me suis occupée de mes enfants » – ne voit pas bien en quoi elle les représente :
« Tenez, j'étais chez des cousines il y a deux jours. Pas très loin d'ici, de l'autre côté de la rue. On a parlé de Nadine Morano. Eh bien, on ne l'aime pas beaucoup. Mais qu'est-ce qu'elle me fait rire aux “Guignols” ! »
Elle aurait bien aimé discuter davantage mais ne veut pas se mettre en retard. Elle vient d'avoir 84 ans et s'apprête à aller à la gym. Elle rit, dit que ce n'est pas vraiment de la gym mais « des exercices d'équilibre et de mémoire. Pour les vieux ».
Le quartier est populaire mais un grand nombre de devantures témoignent du souci de le désenclaver (Pôle emploi, Poste, banques, associations en tout genre...).
« Tout ça, c'est pour les Blancs... », commente, amer, M. Il réside au Cèdre bleu, célèbre pour avoir été l'une des plus grandes barres d'Europe jusqu'à la rénovation récente du Haut-du-Lièvre. Il est même né au Cèdre bleu. Il a longtemps travaillé à Florange, sur le site d'Arcelor. Une débâcle qui fait aujourd'hui de lui un « père de famille au RSA ».
« Je suis peut-être en jogging un lundi après-midi mais ne vous trompez pas : je suis marié, j'ai deux gosses. »
Parler de « la Nadine » ne l'intéresse pas. Qu'a-t-elle fait pour le quartier ? demande-t-il avant de répondre lui-même : rien du tout. Il montre au loin le nouveau centre pénitentiaire :
« Regardez-là et derrière, le chantier du Hêtre pourpre. Oui, là où il y a tout ce gravas. Vous croyez quoi ? Qu'ils ont pris des gars du quartier ? Rien du tout ! Ils ont fait venir des gens de Marseille et de Paris !
Ils ont détruit, ils reconstruisent et nous on est là, sans travail ! On aurait pu travailler, on est nombreux, on ne demande que ça du travail pour nourrir les gosses. Dites-lui à Morano, dites-lui qu'on ne veut rien d'autre que du boulot. »
Il ne fait pas mystère d'avoir voté Sarkozy en 2007, comme 19% des habitants du Hautdul, mais il ne croit plus aux promesses des politiques :
« Alors, la Nadine... c'est même pas la peine qu'elle vienne même nous parler. Au moins, Rossinot [maire de Nancy, ndlr], il vient nous parler. Mais il nous demande toujours d'envoyer un courrier comme si ça servait à rien ce qu'on venait de dire. »
Ce discours, entendu des dizaines de fois dans tous les quartiers défavorisés de France, va m'être répété plusieurs fois au Haut-du-Lièvre. Toujours ce même sentiment tenace de s'être fait berner. Un jeune garçon déscolarisé qui ne croit plus en l'école ne sait pas qui est Nadine Morano et s'en moque. M., un peu plus au fait de la politique, n'en veut pas tant à la ministre qu'à sa propre naïveté :
« J'y ai cru au “travailler plus pour gagner plus” et on s'est fait enculer. Moi, je préfère voter Marine Le Pen que Nadine Morano maintenant. Elle, c'est une vraie femme parce que Nadine Morano, elle va nous donner quoi Nadine Morano ?
Elle a eu le titre honorifique de ministre mais j'ai envie de lui dire que nous aussi, on en veut du changement. Suffit pas de jouer du pipeau. »
« Je connais pas, désolée. » Stupeur. Comment ça, vous ne connaissez pas Morano ? « La politique, c'est compliqué et je suis allemande », m'explique la dame rousse. Quand je la recroise quelques minutes plus tard, devant le tabac, elle se rappelle un nom : Eva Joly.
Il n'est pas rare que des habitants du Hautdul ignorent totalement qui est Nadine Morano. Mais aussi Jean-Luc Mélenchon. Les politiques connus ici sont les deux finalistes de la dernière présidentielle et un peu François Hollande. On vote peu dans ce quartier : aux cantonales, c'est dans ce quartier qu'a été enregistré l'un des records nationaux d'abstention, plus de 65%, parfois 80% d'abstention dans plusieurs bureaux.
Il y a aussi ceux qui ne votent pas parce qu'ils sont étrangers. C'est le cas de l'Italien. D., ouvrier retraité, est heureux même s'il dit que sa vie a été « difficile ». Il secoue la tête en entendant le nom de la secrétaire générale de l'UMP :
« La Morano, elle est pour les riches, pas pour les pauvres diables. Ça s'entend.
– Comment ça, ça s'entend ?
– Quand elle parle, c'est seulement pour protéger Sarkozy, comme un cocker. Sarkozy, c'est les riches, non ? »
Quant aux plus jeunes, ceux qui fréquentent encore le café désert où l'on écoute Modern Talking, ils ne croient plus au mérite et à l'école. Y. est sidéré : « Mais comment elle a fait pour partir d'ici ? », demande-t-il. Il ne croit pas aux « légendes ». C'est lui qui utilise ce mot. La « working class hero » décrite avec justesse par Guy Carlier, les gens d'ici n'y croient plus. « C'était avant qu'on pouvait réussir, maintenant c'est fini », a dit le garçon déscolarisé.

Nicolas Sarkozy en réunions avec les partenaires sociaux lors du sommet social du 18 janvier 2012 (Lionel Bonaventure/Reuters)
Il multiplie les initiatives et les annonces. Le Président-candidat vibrionne comme jamais. Nicolas Sarkozy a le culot de proposer des hausses d'impôt ou d'agiter des mesures de régression sociale en pleine campagne électorale. Le tout sous le regard de plus en plus inquiet de députés de l'UMP qui craignent de faire, à leur tour, les frais de ce périlleux activisme.
Le raisonnable François Fillon a l'air de fortement douter de la stratégie sarkozyenne. Le 10 janvier, il a benoîtement expliqué aux députés du parti majoritaire qu'ils n'avaient pas le choix. Il y a un pilote dans l'avion et, en dépit des bizarreries de son comportement, il faudrait lui faire confiance :
« Par rapport à cette stratégie et à la réaction de l'opinion publique, on a tous des interrogations. Mais on va avoir un candidat, c'est lui qui pilote la stratégie, je vous invite à faire preuve de la plus grande unité derrière cette stratégie. On doit faire bloc car c'est lui qui doit nous permettre de gagner l'élection présidentielle et donc les législatives. »
Tout le monde a bien compris le message que Sarkozy essaie désespérément d'enfoncer dans le crâne des Français : regardez comme je suis courageux, admirez les risques immenses que je prends pour sauver le navire France pris dans la tourmente économique ; croyez-vous que ce mollasson de François Hollande en ferait le quart s'il était à ma place ?
Le problème, c'est que le charme sarkozyen est rompu. Aucun électeur ne doute de son énergie et de sa volonté. Mais rares sont ceux qui croient encore à l'efficacité de son action. Sarkozy étourdit les Français par ses discours mais ceux-ci sont obsédés par ses résultats.
Lors du « sommet de crise » de mercredi, il a encore promis « des mesures extrêmement puissantes pour doper l'offre de logement ». Qui y croît ? L'activisme du Président-candidat se heurte à l'immense scepticisme des électeurs. En ces temps de crise aigüe où chacun ressasse les contraintes financières et économiques, le volontarisme politique a perdu de son crédit.
Cette stratégie a encore l'inconvénient de réactiver l'image d'un homme agité alors que, ces derniers mois, Sarkozy s'était efforcé d'endosser enfin le traditionnel costume présidentiel.
Qui plus est, l'audace est toute relative. La stratégie casse-cou affichée par le candidat virtuel de l'UMP se marie étrangement avec de la prudence et des hésitations dès lors que l'on entre dans les détails.
Sarkozy s'est bien gardé d'abattre ses cartes sur la fameuse TVA sociale ou sur le soi-disant « pacte de compétitivité » au cours du « sommet de la crise » du 18 janvier. Il a préféré annoncer une série de mesures sur l'emploi estimées à 420 millions d'euros mais ne coûtant finalement rien par la magie de mystérieux « redéploiements » (une astuce que Jérôme Cahuzac devrait breveter).
L'idée de transférer une partie du financement de la protection sociale sur les taxes à la consommation n'est pas abandonnée. Il semble simplement y avoir un peu de flottement dans l'air. Beaucoup de députés de l'UMP sont vent debout contre une réforme dont la simple évocation, pendant la campagne législative de 2007, leur avait coûté une cinquantaine de sièges à l'Assemblée nationale, selon une rumeur désormais bien établie.
Aux dernières nouvelles, la hausse du taux de TVA pourrait être très limitée. Jean-Louis Borloo, qui s'était distingué sur le sujet en 2007, plaide pour une augmentation de moins de 2 points. Et d'autres sources de financement de la protection sociale devraient être retenues.
A l'arrivée, cette réforme bricolée en urgence risque de ne guère améliorer la compétitivité des entreprises françaises dans la course internationale.
Le même écart entre les fortes paroles et les actes timorés risque de se manifester à propos de la taxation des transactions financières. Là encore, Sarkozy est contraint de tenir compte des résistances, cette fois provenant des milieux financiers. Loin de la taxe Tobin à la française, on s'acheminerait vers un simple retour à une variante de l'impôt de bourse... supprimé en 2008 sous la présidence Sarkozy.
Comment s'étonner que tout cela ne marche pas ? La cote de popularité de Sarkozy, qui n'avait guère remonté, est désormais orientée à la baisse. Le Président-candidat frôle à nouveau ses records de défaveur populaire. Les intentions de vote du second tour lui promettent toujours une cuisante défaite. Imperturbable, Sarkozy continue cependant à faire ce qu'il a toujours fait.
Allocution radiophonique de Charles de GAULLE depuis la BBC à Londres le 6 juin 1944. De GAULLE y annonce le début de la bataille suprême de la France au cours de laquelle les armées vont se battre dans le bon ordre contre l'oppresseur.
Allocution radiophonique de Sa Majesté GEORGES VI Roi d'Angleterre du 6 juin 1944 : Avertissement : Le document date de 1944, sa qualité sonore, bien qu'améliorée, reste médiocre mais compréhensible. Message en anglais sans traduction: Hommage au courage du peuple britannique ; sa pensée pour les soldats et les femmes qui souffrent de la guerre, demande à Dieu de bénir son peuple. "God Save the King".
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